Tanzanie, Eden africain

Se réveiller en Tanzanie, c’est ouvrir doucement les yeux sous un ciel rouge-orangé assorti à la terre sous vos pieds. C’est sentir, très tôt, les premières chaleurs du soleil chasser la fraicheur de la nuit ; un soleil énorme, dont tout ce qui nous entoure porte les brulures. C’est prendre conscience du silence absolu qui recouvre l’activité bruyante et incessante d’une nature sauvage en constante émulation.

C’est, ensuite, chercher des yeux une trace de présence humaine, quelque part dans ce champ de vision infini mais toujours trop petit pour recouvrir la savane, qui s’étend encore au-delà. Et ne pas en trouver. Ne pas apercevoir le moindre village, le moindre véhicule, la moindre ligne électrique, ni même le moindre avion dans le ciel.

C’est prendre conscience alors que l’on a pénétré en territoire inconnu. Aucun repère visuel connu n’accrochera votre œil dans ce paysage, que vous avez pourtant admiré rêveusement plus d’une fois, sur un écran ou dans les pages d’un magazine. Vous avez attendu cela des semaines, des mois ou des années, vous avez regardé « Out of Africa » pour la troisième fois et obligé vos enfants à revoir « Le Roi Lion ». Vous avez fait les vaccins d’usage, bouclé le sac du parfait explorateur, parcouru des milliers de kilomètres, et cette fois ça y est, vous y êtes pour de vrai… Et vous n’en croyez ni vos yeux, ni vos oreilles, ni vos mains ni votre nez !

Se réveiller en Tanzanie, c’est bailler en contemplant, ébahi, le spectacle de girafes prenant leur petit déjeuner, doublé par une dispute d’oiseaux aux chants stridents et compliqués, avant de remarquer, plus loin, l’agitation des branches d’un acacia secoué par les assauts d’un jeune éléphant déjà bien costaud. C’est étirer son corps engourdi en admirant le majestueux Kilimandjaro, dans un lointain qui ne l’est jamais assez pour en cerner toute la circonférence, avant qu’il n’enfouisse son sommet dans d’épais nuages. Se réveiller en Tanzanie, c’est se rendre compte qu’il est possible d’effacer, pour quelques jours au moins, tout souvenir de bouche de métro, de caisse de supermarché et d’embouteillages. C’est envisager la journée qui commence comme une nouvelle source d’émerveillement, en se réjouissant à l’avance des frissons de la découverte de nouvelles zones de vie sauvage et des enseignements des rencontres à venir avec les peuples primitifs. Se réveiller en Tanzanie, c’est sentir son cœur s’accélérer à l’idée de fouler une terre qui a vu se dresser les ancêtres de l’homme, comme si on était le premier. Se réveiller en Tanzanie, c’est tout simplement poursuivre éveillé les rêves surréalistes d’une nuit africaine.

Les parcs nationaux et les aires protégées portent la croissance du tourisme en afrique. “
Il y a deux ans, en octobre 2012, la Tanzanie organisait à Arusha la première conférence panafricaine sur le management du tourisme durable dans les parcs nationaux et les aires protégées, en collaboration avec l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT).
Plus de deux-cent-cinquante participants venus de vingt-neuf pays africains et quatre pays non africains ont assisté aux quatre journées de débats. Parmi eux étaient représentés les pouvoirs publics (ministères et organisations gouvernementales), le secteur du tourisme (guides, agences, tours opérateurs, hôtels, OMT…), la presse et les acteurs de la conservation environnementale (les parcs notamment). A l’origine de ce rassemblement, des constats simples : les parcs nationaux et les aires protégées portent la croissance du tourisme en Afrique, mais les destinations pourraient être victimes de leurs succès. En effet, la suraffluence des visiteurs mettrait en péril l’équilibre des écosystèmes sauvages, objet même de leur venue, et ce de deux manières. D’une part, faune et flore sauvages souffrent des activités humaines, et leur protection est de plus en plus complexe et coûteuse. D’autre part, la politique de protection de la vie sauvage entre parfois en collision avec les besoins de la population. De plus, la motivation des habitants à supporter les contraintes liées à la conservation est directement liée à leur capacité à percevoir des bénéfices.

Dans un pays au Produit Intérieur Brut (PIB) quatre-vingt-dix fois plus petit que celui de la France, les importantes recettes du tourisme sont une manne. Les enjeux sont donc de taille pour la Tanzanie. Il s’agit de parvenir à allier l’accueil d’un flux de visiteurs toujours plus conséquent avec la protection des ressources naturelles du pays, tout en organisant une redistribution effective des revenus du tourisme et en en limitant l’impact sur la population, qui souhaiterait pourtant également y prendre part ! Un casse-tête en apparence, qui ne pourra être résolu que par la collaboration étroite de tous les acteurs concernés.

En Afrique encore plus qu’ailleurs, le tourisme doit être durable car, étant l’affaire de chacun, il doit profiter à tous. « A country that cannot be enjoyed by its people, cannot be enjoyed by visitors” rappellent, fort justement, les conclusions de la conférence (Un pays qui n’est pas apprécié de ses habitants ne peut l’être de ses visiteurs). Pour appréhender au mieux la réalité complexe qui se cache derrière cette destination de rêve, nous nous sommes rendus sur place. Avons-nous apprécié le pays ? Oh que oui !

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