Ispahan, au-delà des roses

Où sont les roses d’Ispahan que l’on nous avait promises ? Où est ce parfum flottant dans l’air ? Si quelques rosiers fleurissent le jardin de la place Naghsh-e Jahan, le parfum de rose a bien disparu.

Quelques flacons d’eau de roses, ou des parfums sont proposés dans le souk. Le mythedes roses d’Ispahan a fait l’objet d’un merveilleux poème de Charle-Marie Leconte de Lisle au XIXème. Encore une fois le Shah Abbas Ier s’est occupé d’aménager Ispahan. Après avoir rasé une partie du centre-ville, il a créé une vaste esplanade connue aujourd’hui sous le nom de place Naghsh-e Jahan. Elle devient la plus grande place jamais construite avec ses 500m de long sur 160m de large. Les échoppes d’artisans et les commerces ont pris d’assaut les arcades qui bordent la place. Aux quatre points cardinaux de cette place se situent la mosquée du Shah, la mosquée du Cheikh Lotfollah, le palais d’Ali Qapu et le bazar. Ces mosquées aux céramiques se confondant avec le ciel azur sont accessibles à tous en dehors des heures de prières. Elles sont de véritables joyaux où il est bon, dans la fraîcheur de ses murs, de méditer sur une religion qui ordonne l’amour et la paix. Sur la place, les familles font un tour en calèche, alors que d’autres visitent ces lieux sacrés dont l’histoire se raconte sur les peintures murales. Jeu d’ombre et de lumière, on imagine très bien les vies dans l’opulence des Shahs et des marchands de commerce venus de la route de la soie. Le souk en est témoin. Rien ne semble avoir changé depuis des siècles ici.

 

Promenade dans le souk 

Certainement incontournable, mieux qu’un mall, c’est la caverne d’Ali Baba. Ici rien ne vient de Chine. Puisque l’on ne prend ni chèque ni cartes de crédit, seuls les dollars ou autres monnaies internationales font foi.

Promenade dans le Souk

Peut-être est-ce une chance car vous repartirez avec un tapis persan, des bijoux montés de rubis ou de turquoises. Mais peut-être vous laisserez-vous juste séduire par un pashmina, un parfum oriental ou un simple carreau de céramique d’un bleu unique. Hashem vient à notre rencontre
pour nous guider dans le souk. Il parle français. Il nous a promis une belle surprise, mais il ne peut nous la montrer que plus tard nous dit-il. Notre promenade au milieu de quelques touristes étrangers et iraniens nous laisse croire que les trésors de ce pays, dans cette vitrine historique, pourraient être partagés un jour par des milliers d’autres touristes descendant des bus. Savon à la rose, bijoux en argent ciselés sous nos yeux, étoffes brodées, sacs en cuir, céramiques aux couleurs étincelantes, objets du passé pour le bonheur des chineurs, et après, le souk de l’or, là où se perdent les femmes. Hashempousse la porte d’un atelier où nous découvrons entassés des centaines de tapisseries peintes à la main. En fait, il s’agit de tampons qui, juxtaposés avec des pigments différents, font de sublimes tapisseries dont les dessins ne peuvent être que d’ici. Pour marquer l’authenticité et le nom de l’atelier, on y appose un dernier tampon sur le verso de celle-ci.

Souk

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