Japon, l’éternel printemps

Les souvenirs s’envolent avec les saisons, telles les fleurs des cerisiers aux derniers jours du printemps japonais. Il reste ces photos, d’un voyage trop rapide, vers un monde où l’on se sent bien et curieux de tout. Il y a comme une boite à musique dont la mélodie un peu mécanique ne cesse. Chaque note nous plonge dans ces vieux films de samouraïs et de geisha allumant les lampes rouges des maisons de plaisirs. On pourrait presque sentir les effluves de l’opium, mais ce n’est que le tabac d’un vieil homme qui semble avoir plus d’un siècle.


Si au loin les monts et volcans sont couverts des neiges de l’hiver, plus près ce sont les cerisiers en fleurs qui apportent la douceur du printemps. Les toits cornus posés sur ces maisons de bois rouge. Ils sont presque fragiles. Qu’importe, la terre pourrait trembler, les hommes rebâtiront.
Cette douce mélodie donne aussi le rythme de la vie, la philosophie du contentement au quotidien et de l’honneur. C’est l’âme du Japon, le Bushido comme l’exprima Inazo Nitobe au début du siècle dans son ouvrage qui révolutionna l’intellectuel nippon.
Mais le Japon c’est aussi la modernité et une jeunesse qui tente de laisser filer le kimono pour le Jeans. Loin des idées reçues, du levant au couchant promenons nous dans les souvenirs d’un sublime voyage aux pays du printemps éternel.

 

Japon

 

Ancien empire du soleil levant, le Japon a toujours été une puissance économique qui se relève malgré les tremblements de terre et les tsunamis. Un peuple solidaire et uni grâce au sens de l’honneur. Parfois cruels avec l’ennemi, ces mangeurs de sashimis, ont bercé notre enfance de dessins animés aux accents de contes populaires. Reconnu pour sa poésie inspirée par la nature « Ka-Chô-FûGestu », la fleur, l’oiseau, le vent et la lune – éléments qui rythment la vie des japonais, le Japon est aussi surprenant et complexe qu’un origami. Tout est beauté sublimée. Si la période des Sakura, les cerisiers en fleurs au printemps, où l’envol des pétales (le Sakura-Fubuki) symbolise l’élévation des âmes des guerriers morts au combat, reste la plus belle, n’oublions pas l’été aux pluies bénéfiques, aux petits ruisseaux d’eau pure essentiels à l’élaboration d’un saké parfait. Ne snobons pas l’automne où les feuilles de Gingko biloba se parent de mille feux, n’ignorons pas l’hiver et ses flocons où les moments cérémoniels passés autour d’une tasse de thé s’apprécient plus que jamais, tout en rêvant au retour des Sakura. Si la période des cerisiers en fleurs est attendue de tous et surtout des touristes, le Japon s’apprécie toute l’année. A propos des Sakura, la poétesse du IXème siècle, Onono Komachi composa ce poème en forme de waka : « La couleur du sakura s’est éteinte en vain pendant la pluie printanière, comme ma beauté s’est éteinte pendant que je paraissais. »

 

Tokyo

 

Le Japon est aussi bercé par une culture ancestrale : même de nos jours, les rites anciens sont toujours ancrés dans les esprits. Le Japon n’a jamais rejeté sa culture d’origine. La transition d’un pays médiéval avec ses samouraïs à un pays qui est une des premières puissances du monde le prouve tous les jours. Il n’est pas rare de croiser dans le métro de Tokyo, ville moderne, des femmes en kimono. Cette culture millénaire a su traverser le temps parce que protégée par son insularité. La vie est une religion, celle qui mène aux dieux, le shintoïsme. Au fil de vos étapes vous trouverez des temples et sanctuaires d’une beauté insoupçonnée. Rien ici n’a vraiment changé. Et pourtant, vous êtes dans l’un des pays les plus modernes, développant de nouvelles technologies et dont la robotisation vient assister l’homme dans ses tâches quotidiennes. Ici les transports sont rapides et modernes. Vous devrez prendre le Shinkansen, le TGV Nippon. Les vols intérieurs sont coûteux alors que le réseau de trains rapides permet de visiter toute l’île. Muni de votre Rail-pass il vous sera alors facile de trouver votre train. Tout est bien signalé en anglais. Il y a un principe de logique incroyable. Sur le quai vous achèterez certainement un Bento pour votre déjeuner. Boîte cadeau, vous y découvrirez un ensemble de sushis et de préparations d’un raffinement rare. Ne vous faite donc pas remarquer et faite la queue pour prendre vos transports.

 

Tokyo

 

Au sol sont inscrits des marquages pour respecter la descente des voyageurs. Observez aussi qu’il n’y a pas de poubelles et pourtant vous pourriez manger par terre! Gardez donc avec vous vos détritus. Respect et courtoisie sont ici des principes fondamentaux. Il vous sera difficile de manquer de respect tant ce peuple est courtois, serein et bienveillant. Trouver une adresse ou votre hôtel n’est pas une mince affaire? Prenez donc un taxi! La portière s’ouvre automatiquement. Votre chauffeur en costume de sa compagnie et casquette (héritage anglo-saxon) mettra le compteur et dans un anglais parfait vous y conduira. Les hôtels supérieurs, auberges de charme ou ryokan sont souvent coûteux. Il est même parfois impossible d’en trouver de libres durant les Sakura. Si vous n’êtes pas bien exigeant, il y a de nombreux hôtels simples et toujours d’une propreté irréprochable. Les salles de bain peuvent être communes, mais c’est un onsen. Vous y verrez écrit à l’entrée “Kokode wa kimono wo Nuide Kudasai” (ici on se déshabille), car il n’y a pas de pudeur au pays du soleil levant. Les paradoxes sont étonnants ! Sur les petits tabourets de bois, savonnez-vous avant de vous glisser dans l’eau bouillante d’un bain commun. Ainsi est la tradition que vous devrez respecter. Les hôtels de catégorie supérieure offrent tout le confort des standards internationaux et le onsen reste au coeur du Spa. Le bain précède le dîner. Il ne vous sera pas difficile de vous restaurer. La cuisine est succulente dans les petits restaurants. Vous serez tenté par des yakisoba (nouilles sautées) ou  alors des “Udon” (nouilles épaisses dans un bouillon) à moins que votre préférence aille à l’admiration d’une découpe de sashimis par un chef aux lames bien aiguisées, s’amusant de votre curiosité derrière son comptoir de marbre. Le Japon est une terre promise pour le voyageur gastronome. Les produits sont frais et travaillés « minute ». Le poisson est essentiel à la cuisine nippone. C’est presque 8,5 millions de tonnes de produits de la mer qui sont consommés chaque année. Ils adorent le poisson sous toutes ses formes. Si le thon est incroyable, l’anguille, le bar, le poulpe et même le Fugu (poisson mortel aux viscères empoisonnés) sont adorés. La visite du marché aux poissons de Tsukiji de Tokyo est impressionnante et donne toute la mesure de cette consommation.

Lampions traditionnels au Japon

 

Souvent accompagnés de riz, ces mets vous savourerez. Mais pour les carnivores, rassurez-vous la viande de boeuf est délicieuse aussi, tel le boeuf de Kobé. Le riz, au Japon, est plus qu’une nourriture, il s’agit d’une plante quasi-sacrée, car dotée de pouvoirs mystiques. Empreint d’un pouvoir spirituel, le riz permettrait, par exemple, la renaissance, et chasserait les mauvais esprits. Pourtant, ce n’est que depuis le début du XXe siècle qu’il constitue la nourriture de base de tous les Japonais. En effet, le riz était autrefois réservé à l’élite, car il était rare et cher. Le peuple se contentait d’orge et de millet, consommant du riz uniquement lors des grandes fêtes familiales ou religieuses. Le riz brassé est la base du saké qui accompagne les repas des japonais.
Voyager au Japon c’est voyager dans le temps. Prendre rendez-vous avec le futur dans le quartier de Shinjuku, ou voyager dans l’histoire des samouraïs pour les garçons ou des contes de fées japonais avec la princesse Kaguya pour les filles. Si un budget est nécéssaire pour vous adonner au plaisir du shopping, ne restez pas sur l’idée que le Japon est une destination coûteuse. Le Japon est un voyage qui réclame une grande préparation et les conseils d’un spécialiste, mais c’est avant tout une merveilleuse destination.

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