Les Parcs Tanzaniens

Le territoire tanzanien est vaste, presque deux fois celui de la France métropolitaine. Il est également très préservé : près d’un tiers de la superficie du pays est protégé (contre moins d’un dixième en France, par exemple). La Tanzanie compte 21 aires protégées, dont 15 parcs nationaux. C’est la Tanzania National Parks (TANAPA) qui gère l’ensemble de ces parcs, depuis Arusha, dans le nord du pays.

Cette organisation gouvernementale créée en 1959 est membre de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UCIN). Elle recense un nombre croissant de visiteurs nationaux et internationaux et s’efforce de concilier conservation, développement et tourisme. En effet, ces espaces sauvages font rêver le monde entier et génèrent une affluence de touristes de tous horizons. Richesse naturelle inestimable du patrimoine tanzanien, ces aires protégées se situent au croisement d’enjeux environnementaux, sociaux et économiques. « These wild creatures amid the wild places they inhabit are not only important as a source of wonder and inspiration but are an integral part of our natural resources and our future livelihood and well being. » En français : La vie sauvage, dans son environnement naturel, n’est pas seulement une source d’émerveillement et d’inspiration, mais aussi une composante à part entière de nos ressources naturelles, de nos revenus et de notre développement.

Taranguire, Tanzanie

Eléphant dans le Parc du Taranguire, Tanzanie

Le territoire tanzanien est vaste, presque deux fois celui de la France métropolitaine. Il est également très préservé : près d’un tiers de la superficie du pays est protégé (contre moins d’un dixième en France, par exemple). La Tanzanie compte 21 aires protégées, dont 15 parcs nationaux. C’est la Tanzania National Parks (TANAPA) qui gère l’ensemble de ces parcs, depuis Arusha, dans le nord du pays.

Il s’agit d’un extrait du discours prononcé par le premier président de la Tanzanie indépendante, Julius Nyerere, en 1961 ; discours connu depuis sous le nom de Manifeste d’Arusha. La richesse du patrimoine naturel y est déjà posée comme un pilier de la croissance du pays. Les parcs nationaux ont comme cœur de mission la protection et la conservation de l’environnement. La faune et la flore de Tanzanie constituent sans aucun doute l’avantage compétitif premier du pays en tant que destination touristique. Et à ce titre, l’expérience proposée ne peut que dépasser les attentes. La République Unie ne compte pas moins de sept sites du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO). Elle est, entre autres, le pays du Kilimandjaro – point culminant de l’Afrique –, du Lac Victoria – le plus grand lac d’Afrique – ou encore de l’archipel mythique de Zanzibar. Chaque année, elle est le théâtre du déferlement de centaines de milliers de gnous, de zèbres et de gazelles suivant d’instinct la longue route des migrations. Des millions de sabots au galop parcourent un millier de kilomètres pour rejoindre le célèbre parc du Serengeti. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, deuxième parc animalier du continent, il s’étend sur près de 15 000 kilomètres carrés. Situé au nord du pays, il jouxte l’aire de conservation du Ngorongoro et prend part à un vaste écosystème de lacs et de rivières. C’est le plus ancien parc de Tanzanie. Qu’est-ce qui vous attend au Serengeti ? Tout simplement une plongée vertigineuse au cœur de la vie sauvage d’une savane ancestrale, parfois hostile mais toujours somptueuse. Serengeti signifie « la plaine sans fin » en swahili. C’est précisément le sentiment qui nous prend lorsqu’après quelques heures de route sur une piste chaotique nous tentons de parcourir du regard un horizon si lointain que nos yeux s’y perdent. Un nouvel horizon deviné à l’infini, loin derrière notre urbain quotidien.

Cratère du Ngorongoro, Tanzanie

Cratère du Ngorongoro

Dans cet océan doré de graminées brûlées, les acacias déploient leurs vertes ombrelles pour proposer une fraîcheur relative mais salutaire aux fauves essoufflés. En miroir, une flotte d’immenses nuages semble imiter la migration des grands herbivores et se déplace en colonnes, s’accrochant parfois au sommet d’un volcan isolé. Le sentiment de s’inviter en territoire étranger est présent également. Comme en pleine mer ou dans le vide de l’espace, là où se temps s’arrête, se dérobe à la conscience, et semble faire marche arrière pour repartir de zéro. Devant nos yeux émerveillés, les habitants de la savane s’affairent à ne rien faire ! Tous souffrent de la chaleur et de la rareté de la nourriture et de l’eau, alors chacun se ménage et économise ses forces. Le lion, s’il n’est pas affamé, n’interrompra pas sa sieste pour croquer l’antilope qui se serait aventurée en terrain dangereux. De même, le léopard, après avoir chassé sa proie, doit se reposer de longues heures avant de retrouver l’énergie nécessaire pour la hisser dans un arbre, seul endroit où il acceptera de la déguster. La vie sauvage, en Afrique, n’évoque pas la compétition de la jungle, mais la coopération salutaire d’un écosystème adapté à un environnement hostile. C’est sublime, c’est inspirant, et c’est une chance que de pouvoir s’en imprégner en chair et en os.

Safari en Tanzanie

Toutefois n’oublions pas que l’équilibre de cette nature sauvage est fragile. Elle cohabite désormais avec des homos sapiens de moins en moins sauvages, et de plus en plus nombreux ! La population massaï qui s’est installée dans la région de Ngorongoro est passée de neuf à soixante mille individus en cinquante ans. Les aires protégées sont des milieux naturellement fertiles et riches, propices au développement de la vie. La présence d’eau, condition sine qua non, attire la faune car elle permet à la flore de s’épanouir, fournissant de l’ombre à tout le monde et de la nourriture aux herbivores, euxmêmes plat principal des carnivores, dont les dépouilles nourriront charognards et insectes… Une mécanique bien huilée dans laquelle chacun, animal comme végétal, a sa place. Tout le monde sauf l’homme : l’histoire nous a prouvé que l’impact de notre monde de vie sur notre environnement était incompatible avec la préservation de l’équilibre naturel. Afin de mener à bien leur mission de conservation, les parcs nationaux ont donc dû proscrire la présence humaine de leur territoire. Donner la priorité à la protection de l’environnement, au détriment parfois des besoins immédiats des populations, est un choix sensé dans une vision à long terme. Mais son application n’est pas sans conséquences. L’homme cultive la terre et élève du bétail, il a également besoin de points d’eau et d’herbe fraîche !

Serengeti, Tanzanie

Famille de guépards dans le Serengeti

Historiquement, les déplacements des tribus qui peuplent aujourd’hui la Tanzanie ont eu naturellement tendance à converger vers ces zones fertiles. L’ouverture de certains parcs nationaux a donc notamment nécessité de déplacer des populations, pourtant établies depuis longtemps. Ce fut le cas pour le fameux parc du Serengeti par exemple, qui poussa les Massaïs vers Ngorongoro. D’autre part, certaines aires protégées, qui ne sont pas classées comme parc national, hébergent des villages habités, mais sont obligées d’en contraindre les activités (interdiction de l’agriculture par exemple). Pour compenser, elles soutiennent les populations en redistribuant une partie des revenus des droits d’entrée payés par les visiteurs, sous la forme de nourriture ou de shillings tanzaniens. Ces arrangements constituent une manière de faire circuler (insuffisamment par ailleurs) les devises du tourisme au sein de la population, mais ce n’est pas l’unique lien qui existe entre les parcs et les habitants des abords proches. Une certaine coopération s’est développée autour de la lutte contre le braconnage. En effet, l’implication des villages dans l’effort de protection alliée à une compensation matérielle de ses contraintes amorce un début de synergie au service la préservation de l’écosystème. Comme le soulignent les actes de la conférence d’Arusha de 2012, beaucoup reste encore à faire pour atteindre un équilibre durable dans ce domaine.

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