L’Iran sans coran

Là où tout a commencé, de Cyrus le Grand au Shah d’Iran, jusqu’aux mollahs barbus, telles les femmes qui osent lever le voile le temps d’un selfie, le pays de la révolution ratée veut faire oublier ses frasques diplomatiques avec le monde occidental. Fini les missiles volants comme des tapis, l’heure est à l’ouverture au tourisme. Mais que sait-on vraiment de l’Iran ? 

Terra incognita isolée par un embargo, elle est habitée par une population isolée ou presque de la scène internationale. Destination vieille comme le monde, prenez votre visa et suivez-nous…

Il ne faisait qu’un avec son ennemie et voisin l’Irak. En un temps oublié, on l’appelait la Mésopotamie. Les cités étaient des jardins dans le désert, et l’on voulait s’élever vers les cieux par des tours hautes, louanges de poètes aux dieux à l’ombre des grenadiers ou insolence de l’homme à vouloir diriger le monde. a confusion des langues fut à l’origine du déclin de ces mégalopoles, telle Persépolis qui n’est plus qu’un site de pierres. La Perse est le carrefour de toutes les cultures. Elle sera à la fois le point de départ et le rendez-vous d’un monde qui ne cessera d’être en révolution. L’Iran s’est offert une image glamour au temps où son Shah recevait à sa cour les grands dirigeants, monarques et célébrités. Mai le Shah parti, les perspectives ont changé et engendré la guerre avec l’Irak de 1980 à 1988 (entre 300 000 et 1 million de victimes iraniennes), ainsi que l’interminable embargo américain. Aujourd’hui l’Iran est une république islamique. Si la presse internationale diabolise l’Iran, c’est par crainte que son gouvernement ne devienne une menace de premier ordre avec son arme nucléaire. Véritable menace pour Israël, mais bien moins certaine pour le monde occidental ! Si le nucléaire nous permet d’allumer une ampoule ou de se chauffer, pourquoi donc les Iraniens n’auraient pas eux aussi accès à cette énergie ? Quels sont les enjeux politiques étroitement liés à la spéculation sur l’or noir ? Au-delà de ces considérations qui nous dépassent, le nombre de voyageurs vers l’Iran n’est pas bien important, mais force est de constater qu’il est en augmentation.

VOYAGE EN PERSE

Si les dates de départs sont encore peu nombreuses chez les TO, nous retrouvons l’Iran chez les plus importants TO comme Asia, Sti ou Kuoni avec par exemple un 15 jours nommé « Poésie persane ». Les circuits culturels comme savent le faire les spécialistes tels Ikhar, Arts & Vie, Clio, Explorateur ou Intermèdes. Soffy Leddet chez Orients programme un départ le 15 octobre pour un groupe de 15 pax accompagnés depuis Paris pour les conduire sur la route de la soie et du zoroastrisme. « Iran, bleus de Perse » est un programme d’une belle profondeur pour le participant qui ne veut pas être que spectateur de son voyage. Puis, dans une version plus active, pour traîner ses pieds dans la poussière, il y a aussi ces spécialistes qui emmèneront les voyageurs au plus proche des populations et dans les paysages grandioses de l’Iran. Nous avons trouvé Club Aventure, Adéo voyages, Nomade, ou Continents insolites qui organisent des voyages privés sur mesure pour les plus exigeants. De que Vous pourrez retrouver encore d’autres TO sur le très joli site Internet de l’Office de tourisme de la République d’Iran à Paris http://www.tourisme-iran. fr/# , une petite agence à deux pas de l’Opéra de Paris, dirigée par Siamak un Iranien qui a quitté sa terre lors de la révolution. Depuis des années, son unique plaisir est de vendre l’Iran en France. World Express Tours au 10 Rue Godot de Mauroy dans le 9ème arrondissement de Paris vous proposera aussi les meilleurs tarifs du marché avec en plus une connaissance exceptionnelle de tout l’Iran.

Yazd

L’Iran que nous avons découvert, c’est bien plus une nation jeune qui ne demande qu’à s’ouvrir au monde pour partager ce qu’elle a de meilleur, l’amour d’un peuple pour l’étranger. Autour d’un bol de pistaches, un jus de grenade, nous avons discuté très ouvertement du quotidien de chacun. Ici ce n’est pas l’enfer. Il y a des rires, il y a des larmes de joie, et il y a aussi ces garçons qui charment les filles, laissant croire qu’elles se dérobent derrière un foulard noué dont le chignon haut perché le rend presque inutile. Entorse ouverte aux dictats du mollah, les jeunes filles au nez refait se fardent les yeux de maquillage, comme dans les magazines importés du Liban ou de Turquie. On vit dans son temps, on fait comme les jeunes du monde entier. Portable dans la poche arrière du son jean, Yacine va retrouver ses amis pour faire la fête. Il y aura peut-être de l’alcool, et l’on dansera sur Beyoncé. Il y aura des regards échangés entre un garçon et une fille, et entre deux garçons peut-être aussi. On veut vivre et on vit.

VOYAGE EN PERSE

L’envie de vivre éloigne la peur. La révolution ne se fait plus dans la rue aujourd’hui mais sur les réseaux sociaux, et force est de constater que le gouvernement actuel s’oblige à être plus libéral, au risque d’être dépassé. La porte s’ouvre avec l’espoir d’un embargo levé comme ce sera sans doute le cas à Cuba. Si là-bas les vieilles bagnoles américaines font le bonheur des touristes, ici les Porsche Cayenne roulent déjà sur les grandes avenues, et les hôtels de luxe reçoivent les premiers touristes. Un salon du tourisme a même eu lieu ce printemps. Le pays semble s’organiser pour reprendre la bonne parole du prophète sur l’économie.

VOYAGE EN PERSE

Riche de son passé, l’Iran est un magnifique pays avec des palais et des sites archéologiques à faire pâlir des destinations comme Israël, l’Egypte ou la Grèce. Si le caviar se fait rare, l’artisanat est garanti 100% local. La production chinoise n’est pas encore arrivée jusqu’au souk d’Ispahan. La police touristique, sur ses VTT, renseigne en anglais les visiteurs et veille à ce qu’ils se sentent en sécurité. Mais quel est le danger quand on sait ce qu’il adviendrait au voleur ! Le tourisme en Iran n’est pas une ironie, ni même un mirage. Les Iraniens voyagent déjà énormément dans le pays. De nouveaux hôtels ouvrent, des enseignes internationales s’y précipitent. Un train traverse le pays jusqu’en Turquie. Une promenade s’impose sur les routes d’un pays dont la beauté à couper le souffle ne se révèle qu’à celui qui lève ses filtres d’Occidental.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *